Les larmes qu’on retient, que ne voit pas le jour,
Qui n’iront pas mourir sur nos lèvres blessées,
Et n’étancheront pas les fièvres de l’amour,
Ces larmes défendues, enfouies, terrassées,
Elles sont là, toujours, et nous brûlent le cœur
Et dans la paix des soirs nous distillent la peur.
Si je pouvais pleurer ces grosses perles chaudes
Qui tomberaient de moi comme crève un ciel bas…
Si je pouvais vomir ce trésor d’émeraudes
Ce trésor qui m’étouffe à chacun de mes pas
Et respirer enfin, délivrée, lasse un peu
De mon enfantement ! – Car j’ai mal, ô mon Dieu.
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