BALLADE DE L’AN NOUVEAU

(français ancien)

Cependant que l’hiver, voyant nue la nature,
Givre de fins atours à l’aiguille du pin
Et pare nos sentiers d’une blanche vêture,
Cependant que l’oiseau blotti dans l’aubépin,

Trembleur et rassoté sous ses hardes de plumes,
Rêve au temps si lointain qu’il se pourra repaître,
Jà, un an tout nouveau est né dessous les brumes…
Point ne se faut ronger que la vie est un maître !

Le meilleur de nos âges oncques ne passera
Car le gentil printemps nous va tôt départir
Sa folâtre jeunesse, et maint cœur laissera
Ses larmes dans l’oubli avecque son soupir

En allés, pour gayment chansonnette entonner.
Gageons, finablement, qu’un chacun vous verra
Gambader par les fleurs et y fourrer le nez…
Si, faites doux accueil à l’année qui sera.

* * *

 

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