Oui, je hurle à la mort, sauvagement,
Sous les gluants baisers de la nuit mauve !
Oui, je frémis à cet envoûtement !
Et après? Je suis loup! Mon cœur de fauve
A besoin de ces frissons d’épouvante
Où je me meurs en criant sous la lune.
Il me faut croire à la peur qui me hante
Et grelotter dans ma fourrure brune
Et me coucher tremblant, lorsque s’éteint
Ce froid rictus dans un ciel blêmissant…
Car je renais de mes cendres au matin.
A moi la vie, le réveil bondissant,
Le jour qui m’appartient, que j’ai payé
De ma lente agonie ! Chaque soleil
S’embrase pour ma gloire. Quand j’ai rayé,
‘une griffe rageuse, le sol vermeil
Qui m’éclabousse après l’ombre du bois,
Je suis vainqueur, mon fantasme a pris fin,
Je peux partir, délaissant le ravin
Et pour un jour encore, oublier mes effrois.
* * *
