Oublions tout ! Ce jour est beau.
As-tu vu la douceur du ciel,
Le velours de l’herbe au jardin,
Ce printemps qu’une main d’orfèvre
A ciselé comme un cadeau ?
L’air léger a le goût du miel.
Tu pourrais presque, ce matin,
Le sentir fondre sur ta lèvre.
Cet instant-là, peut-être unique,
Avant qu’il ne prenne une ride,
Gardons son souvenir précieux
Qui nous fera vivre demain
Au temps fané de la colchique.
Car, vivre est un labeur aride,
Et il faut ouvrir grands les yeux
Quand passe la beauté, soudain.
* * *
