J’ai choisi d’habiter là où la vie se chante,
Où l’on voit le soleil dès son petit matin
Cheminer lentement vers l’or de son déclin,
Où l’on oublie le temps pour l’amour d’une plante,
Où l’on ouvre son coeur quand parlent les oiseaux.
J’ai choisi pour mes rêves une aire de quiétude
Qui fait la nuit magique. Et ce moment prélude
A la joie du réveil pour des bonheurs nouveaux.
Je veux voir sur les fleurs les bourdons enivrés,
Les ombres qui s’étirent aux heures vespérales,
La terre qui respire et mouille mes sandales.
Et l’odeur de la pluie qui embaume les prés
Me comble de bonheur, une herbe entre les dents.
Il me faut déchiffrer les secrets de la brise
Au profond des forêts dans la lumière exquise
Où les arbres sont rois, que l’on aime à pas lents…
Rien ne pourra jamais m’arracher à ces lieux.
Puis viendra le moment de donner sans murmure
Mon offrande charnelle à l’infinie nature.
Et chantera la vie autour de mes adieux…
* * *
