JE N’AI POUR TOUT POTAGE

« Je n’ai pour tout potage, en cette triste vie,
Qu’un petit pré galeux, du soleil oublié,
Et une femme aigrie, pâle et le dos ployé.
Las ! De tendres ébats point n’ai très grande envie.
Mon rêve est d’une enfant, d’une bien douce amie,
Offrant à ma tristesse un coeur apitoyé,
Donnant à mon logis un soin approprié,
Pour enfin retrouver mon âme réjouie. »

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Que de pleurs, que de cris dont vous lassez les cieux
Et sans profit aucun découragez les dieux !

Si vous voulez du sort obliger le détour,
De vos biens prenez donc un vrai gouvernement :
Devant que de gémir sachez, d’un fier amour,
Cultiver et le pré, et dame mêmement.

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