Ce lieu maudit que tu nommes
« Vie » est un jardin. Hélas !
Car ils font jaillir, les Hommes,
Sans amour des fleurs sans grâce.
Larmes limpides du sage,
Des possédés la sueur,
Tous, ils signent leur passage
Du sceau de la même peur.
La Peur, au premier matin,
Dans l’ombre des frais berceaux,
Qui fait le premier chagrin…
La Peur, tapie sous les eaux
De ton regard agrandi,
Quand tu me jettes en pâture
Ton corps, soudain alourdi
Où tremble une angoisse obscure.
La Peur, ce veilleur de nuit,
Cet implacable ange noir
Que nous chassons par le bruit
Mais retrouvons chaque soir…
Qui me dira le mot qui chante,
Le mot pur qui exorcise ?
Où laver notre épouvante ?
Où est la Terre Promise ?
* * *
