LE CHEMIN

L’ai-je parcouru, ce chemin !
Caillou après caillou.
Là une bosse, et là un trou.
Les fondrières et le ravin…
J’ai tout connu de ce sentier,
J’y ai déchiré mon visage
Quand les ronces faisaient barrage.
Et j’ai vécu plus d’un bourbier.
Parfois aussi, c’était la joie :
Ciel bleu, soleil, il faisait beau,
Fleurs dans les prés, chant d’un oiseau,
Et je marchais sur de la soie.
Si peu de temps ! Si rarement !
Hélas ! Quelque destin mauvais
Semblait s’amuser à mes frais,
Je ne sais pourquoi ni comment.
Et à nouveau les pierres dures
Où mes pieds posaient en tremblant,
Pointues ainsi qu’un fer tranchant,
Et qui ravivaient mes blessures.
Je l’ai redouté, ce chemin !
Et cependant, j’y revenais,
Ne pouvant l’oublier jamais,
Tel un ivrogne avec son vin.
Quelle idée folle, cette envie
D’aller souffrir ainsi, sans trêve !

Bon ; j’avais fait un mauvais rêve.
Mais, n’est-ce pas un peu la vie ?
* * *

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