L’ENFANT MALADE

Douce et tranquille en son petit lit bleu,
Il faut la plaindre : elle est malade – un peu –
C’est un rôle important qu’elle aime bien,
Et vous savez, madame, on n’oublie rien :
Tisanes, thermomètre et jus d’oranges.
Elle a l’air inspiré des petits anges
Qu’on voit prier aux vitraux des chapelles,
Joignant les doigts et repliant leurs ailes…
Ses cheveux d’or aux chauds reflets d’épis
Sur l’oreiller font des dessins jolis.
Moisson d’été qui pâlit son visage.
On la peindrait comme un vrai paysage !
Sans bouger, sans parler, sans un sourire
Elle pense et, de temps en temps, soupire.

« Ta main est fraîche et le jour a sommeil.
Dors. Les oiseaux salueront ton réveil
Quand le matin te trouvera guérie
Et t’offrira sa tendre féerie. »
* * *

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