Si petite fleur
Au bord du ravin !
Si grande douleur
Au clair du matin !
L’homme au regard noir
A perdu son âge
Sous le désespoir
Qui noie son visage.
Sa vie n’est qu’un drame.
Manteau de misère
Jeté sur son âme.
Morte, sa colère…
Au long du sentier
Il marche tout comme
On voit s’éreinter
Les bêtes de somme
Sur les vieux dessins
Des temps révolus
(dans les vieux bouquins,
ceux qu’on ne lit plus)…
Seul, dans la lumière.
Au bras, sa musette.
Et traîne derrière
Son ombre muette…
Mais la fleur est là
Au bord du ravin.
La fleur a déjà
Compris son destin,
Et s’est irisée
De larmes d’azur,
Perles de rosée,
Reflets du ciel pur.
Fière et ravissante
La voilà qui rie,
La voilà qui chante
L’amour de la vie.
L’homme fait un pas,
Soupire et l’écoute,
Se penche très bas
Puis reprend la route.
Sur son poing tendu,
La fleur de l’espoir
S’offre à l’inconnu
Comme un ostensoir.
* * *
