MANEGE

Je voudrais que s’apaise, en ce jour de lumière,
Le manège un peu fou qui aime à s’emballer
Derrière ton front lisse embrumé de mystère.
Car tes rêves sont vains où tu crois t’en aller.
Sur un cheval de feu à la crinière blonde,
Tu penses galoper vers un pays plus beau ?
Te voilà revenu ! Tu n’as fait qu’une ronde…
Mais déjà ton manège, au gré d’un vent nouveau,
T’entraîne en son vertige ; on le lit dans tes yeux,
Dans ton regard perdu. Où es-tu maintenant ?
Sur un croissant de lune ? Errant parmi les dieux ?
Notre Terre imparfaite et qui te déçoit tant,
Il faut tâcher d’y vivre et d’y trouver ta joie
En cueillant brin à brin, parfois sous les tempêtes,
Les fleurs de la beauté que ce monde t’envoie…
Reste encore avec nous, les vendanges sont prêtes.
Viens. Nous irons couper le raisin généreux
Dans le gai brouhaha des chansons et des rires.
Emplissant ton panier parmi ces gens heureux,
Tu oublieras soudain pourquoi tu te déchires
Entre deux vies contraires ; et tu t’étonneras
D’avoir couru si loin après des songes vides…
D’humbles bonheurs t’attendent, à portée de tes bras !
Garde tes yeux ouverts pour ces instants rapides.

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