C’est une plaine immense, où l’herbe chante.
Un faon aux yeux de lune se balance
Au rythme lent d’un souffle si léger !
Il flotte dans le ciel une ombre errante :
Amour désincarné ? Âme en partance ? …
La plaine vibre, on l’entend respirer.
Pas de montagne sur l’horizon vide.
Pas de forêts où vient mourir le soir.
Pas de ruisseaux dans ce lieu irréel.
Rien que la plaine, et que l’herbe languide,
Et son frisson qui court, chantant l’espoir…
Intense pureté d’un mystère essentiel.
Quand l’aurais-je connu, ce paysage ?
Il s’attache à mes pas, il est ma nuit.
Tout au long de mes jours, il est en moi.
Je n’ai point souvenance d’un voyage
En ce pays mystique… Il me poursuit.
Mon cœur attend, mais je ne sais pas quoi.
* * *
