A UN AMI

Oui, tu me l’as pleurée,
Ta peine inconsolable.
Oui, tu me l’as criée,
Ta souffrance innombrable.
Je sais, je m’en attriste…
Et ne veux pas te plaindre !
Point ne suis égoïste,
Mais quand je vois s’éteindre
En ton regard meurtri
Le feu qui t’embrasait,
Je veux te dire, ami,
Qu’en souffrant, on renaît.

La vie n’est pas finie,
Ton chagrin l’a bénie.
Le grain de l’espérance
Te prépare une chance.
Aime encore.
Ne ferme pas ton cœur
Au timide bonheur.
Il grandira en toi,
Accorde-lui ta foi.
Aime encore.
L’oiseau, qui se taisait
Cet hiver, espérait…
Aujourd’hui, comme il chante
Dans l’aube triomphante !
Aime encore.

Aime le sans-amour
Qui guette ton sourire.
Aime, au temps du labour,
Le sillon qui s’étire.
Aime l’enfant rieur
Qu’un jour tu garderas,
Si tu chasses ta peur,
Bien lové dans tes bras.
Ouvre les yeux, veux-tu,
Car le bonheur s’apprend.
Non, tu n’es pas battu
Et le monde t’attend.

* * *

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