Puisqu’il faut bien mourir demain,
Autant y songer aujourd’hui,
A cet inévitable ennui !
Il n’y a là rien de malsain.
Faire en soi son petit ménage,
Calmement préparer son âme
Sans peur, sans tristesse et sans drame
Pour le jour certain du voyage.
En tenant propre sa maison
Et toujours prête la valise,
Le plaisir est doux, chère Elise,
De savourer chaque saison,
D’ouvrir ses yeux paisiblement
Au spectacle changeant du monde
Avec un cœur où rien ne gronde,
Ni mal désormais, ni tourment.
Car l’inutile s’effiloche
Et disparaît jour après jour.
Et l’on sait mieux aimer d’amour
Quand le lointain se fait plus proche.
* * *
