REGARDS

Précipité soudain dans le froid de la vie,
Ouvrir sur l’univers un regard embrumé…
Puis au fil des saisons grandir en affamé,
Les yeux fixés toujours vers quelque folle envie…

Défaillir de tendresse en contemplant l’amour…
Pâlir aussi parfois, pour avoir entrevu
La haine s’allumer sur un visage nu ;
Admirer le ciel d’or aux prémices du jour.

Devant ses nouveau-nés demeurer en extase…
Plus tard, trouver si beaux leurs petits polissons !
Revoir des lieux aimés avec quelques frissons.
Pleurer en regardant une fleur dans son vase.

Voir enfin se ternir les couleurs de ce monde,
Et refermer alors, sur des yeux inutiles,
Le parchemin fané des paupières fragiles…
Ainsi passe une vie, ainsi tourne une ronde.

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