RAY

J’ai quitté la grand ‘ville et toutes ses nuisances.
J’ai pris la route un jour pour un rêve plus beau,
Et vu jaillir soudain au bout de mes errances
Un village assoupi, coiffé d’un vieux château.
La Saône méditait au pied de ses maisons,
Belle au milieu des prés, paresseuse et charmante.
Mon âme s’est émue, et sans plus de raisons
J’ai dirigé mes pas dans une rue montante.
Les tuiles vernissées au clocher de l’église,
Le chant de l’Angélus, une paix merveilleuse :
J’ai succombé très vite à cette douce emprise,
Subi l’envoûtement de sa fraîcheur ombreuse…
Puis, j’ai trempé mes mains dans l’eau du vieux lavoir…
Le château m’appelait, là-haut, sous un nuage,
Habillé d’un grand parc, étrange dans le soir…
Revenue à Paris, j’ai bouclé mon bagage,
Laissé à leur béton mes voisins de palier
Et couru aussitôt vers ce coin de nature
Que je ne pouvais plus désormais oublier.
Mon cœur avait choisi. Et vive l’aventure !
Quarante ans ont passé, depuis. Nous sommes deux.
Car j’y ai fait mon nid et tissé mon destin.
Ce village est le mien et c’est là que je veux
Voir lever le soleil de mon dernier matin.

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