Jusqu’à quand cette pluie tenace
S’obstinera-t-elle à pleurer ?
J’ai voulu traverser la place
Mais j’ai bien failli m’y noyer
En pataugeant comme un canard
Dans les flaques où je faisais floc !
J’y ai même vu un têtard
Qui avait largué le grand foc.
Il pleut.
Plus rien de sec ; tout dégouline.
Les gouttières amorcent leur crue.
Et les fleurs font bien triste mine
Qui penchent leur tête vaincue.
Au potager, les escargots
A l’abri sous leur maisonnette,
Entre les rangs de haricots
Le soir venu s’offrent une fête..
Il pleut.
Dans la maison, c’est un poème !
Il y a des fuites aux plafonds.
Le chat, qui savourait sa flemme,
Reçoit des gouttes et fait des bonds.
Chacun circule avec adresse
Pour ne pas percuter un seau…
Demain, si le dégât progresse
On pourra construire un radeau.
Il pleut.
Ce temps-là, çà m’endort l’esprit.
Ou çà me crispe les mâchoires.
C’est selon. Mais tout ce débit,
Cà vous donne des idées noires.
Jour après jour, depuis dimanche
Il faut subir dessus dessous
Les chagrins d’un ciel qui s’épanche
En de longs sanglots, et glouglous.
Il pleut.
Quand la pluie cessera enfin,
Je ne boirai plus que du vin.
* * *
