L'enfant, ce matin, veut rêver...
Dans un brin de paille menu,
Sa bouche en cœur a fait lever
Un tout petit peu d'air ténu.
Et l'enfant attend.
Son âme se tend
Vers ce brin de paille menu
Où sa bouche en cœur fait lever
Ce tout petit peu d'air ténu...
Car cet enfant-là veut rêver.
Mais au bout de la paille, enfin,
Naît et grandit, joyau limpide
Etonné de voir le matin,
Une perle rose et timide.
L'enfant éperdu,
Souffle suspendu,
Contemple la bulle fluide
Qui hésite au bord de son brin,
Qui frissonne en sa robe humide
Aux reflets d'or et de satin.
Elle grandit encore un peu,
Pure, émouvante et gracile,
Puis s'élève dans le ciel bleu,
Songe irisé, douceur tranquille.
L'enfant dans son cœur
Connaît le bonheur.
Elle tourne et flâne, par jeu...
Et crève. Elle était si fragile !
Et l'enfant dégrisé dit adieu
Aux joies de son rêve inutile.
* * *