RAY
J’ai quitté la grand ‘ville et toutes ses nuisances.
J’ai pris la route un jour pour un rêve plus beau,
Et vu jaillir soudain au bout de mes errances
Un village assoupi, coiffé d’un vieux château.
La Saône méditait au pied de ses maisons,
J’ai quitté la grand ‘ville et toutes ses nuisances.
J’ai pris la route un jour pour un rêve plus beau,
Et vu jaillir soudain au bout de mes errances
Un village assoupi, coiffé d’un vieux château.
La Saône méditait au pied de ses maisons,
Le bateau de la nuit erre sous le ciel vide,
Au sein d’une mer d’encre où la vague se ride,
Car sa boussole inquiète a perdu la raison.
Le temps se fait menace ; il n’est plus d’horizon.
Le mal de dents, oh, c’est terrible !
Cà vous grignote à petit feu,
Cà vous transperce peu à peu,
Quand ce diable vous prend pour cible.
Le mal de dents, çà vous rend mou,
Hagard, le cerveau en gelée.
La douleur est là, martelée.
Parfois aussi, çà vous rend fou.
Rêves de Soleil… parfois
Il refuse sa victoire,
Sa puissance inexorable
Qui brûle les yeux des rois.
Et en maudissant sa gloire,
Il rêve. Etre un grain de sable !
Un enfant d’homme ! Une fleur !
Au ballet de l’univers
N’être qu’un frémissement
Précipité soudain dans le froid de la vie,
Ouvrir sur l’univers un regard embrumé…
Puis au fil des saisons grandir en affamé,
Les yeux fixés toujours vers quelque folle envie…
Je n’ai que vague souvenir
De cet ancien moi intérieur
Qui vivait son adolescence…
Il m’est aisé de réunir,
Puisqu’il faut bien mourir demain,
Autant y songer aujourd’hui,
A cet inévitable ennui !
Il n’y a là rien de malsain.
Faire en soi son petit ménage,
Calmement préparer son âme
Sans peur, sans tristesse et sans drame
Pour le jour certain du voyage.
En tenant propre sa maison
Et toujours prête la valise,
Elle chante, et le monde s’incline.
La brise se tait sur la colline.
Elle chante et dans le bois lointain
L’oiseau rieur oublie son refrain.
Elle est là. Le soleil vient d’éclore.
Pieds nus dans la fraîcheur de l’aurore,
On a beaucoup rimé, certes, avec ce mot-là !
Mais s’il vous prend l’envie de taquiner la muse,
Vous verrez les soucis qu’Amour vous donnera !
Cet art a des contraintes, et parfois en abuse.
Quand vous allez, ma mie, danser dessous l’ombrage
Aux bras de quelque blond jouvenceau du village,
Quand s’envole en tournant, ma mie, votre jupon
Qui dévoile un peu plus que votre pied mignon,