ESCARCELLE
Ton escarcelle,
As-tu bien vu, tout au fond, ses trésors ?
Sais-tu que tu es riche de ses ors ?
Souris, ma belle.
Ton escarcelle,
As-tu bien vu, tout au fond, ses trésors ?
Sais-tu que tu es riche de ses ors ?
Souris, ma belle.
J’ai choisi d’habiter là où la vie se chante,
Où l’on voit le soleil dès son petit matin
Cheminer lentement vers l’or de son déclin,
Où l’on oublie le temps pour l’amour d’une plante,
Où l’on ouvre son coeur quand parlent les oiseaux.
J’ai choisi pour mes rêves une aire de quiétude
Qui fait la nuit magique. Et ce moment prélude
A la joie du réveil pour des bonheurs nouveaux.
Lointain passé, soudain tu te dévoiles…
Me reviennent les soirs d’été, à l’heure brune,
Quand je sautais, enfant, pour attraper la lune,
Les bras tendus, le nez vers les étoiles.
Les prés sont en fleurs,
Le soleil est rose
Laisse là tes pleurs,
Ta paupière close.
Laisse ton chagrin
Et partons tous deux
Humer le matin
Dans les chemins creux.
Levant vers moi sa truffe rose,
Mon chat murmure qu’il m’adore.
Puis il ajoute quelque chose
Que je ne comprends pas encore.
Oublions tout ! Ce jour est beau.
As-tu vu la douceur du ciel,
Le velours de l’herbe au jardin,
Ce printemps qu’une main d’orfèvre
A ciselé comme un cadeau ?
Lorsqu’elle fut debout sous le regard divin,
Belle et nue, et sans peur en ce premier matin,
Que n’ai-je cent ans, que n’ai-je mille ans,
De vie assurée sur la ronde terre,
Pour l’humble plaisir, quand reviens de guerre,
De trouver grandis mes petits enfants !
Mon âme est un doux chant d’oiseau,
Un murmure, un frisson de fleur
Hier s’aimaient, vois-tu, au creux de la maison,
Rêvant main dans la main dessous les tuiles blondes,
Deux petits vieux charmants dont les rides profondes
Riaient encor des joies de leur jeune saison.