LA DRAGUE
Je passe… Je me fâche,
Tu passes… Tu rabâches.
Je passe… Je me « tâte »…
Tu re-passes… (tu m’épates !)
Je passe… Je te hais :
Tu re-passes ! Tu me plais !
Je passe… Je me fâche,
Tu passes… Tu rabâches.
Je passe… Je me « tâte »…
Tu re-passes… (tu m’épates !)
Je passe… Je te hais :
Tu re-passes ! Tu me plais !
Oui, tu me l’as pleurée,
Ta peine inconsolable.
Oui, tu me l’as criée,
Ta souffrance innombrable.
C’est le noir,
L’anti-espoir,
Le jardin fracassé
De ton cœur harassé.
Le vent peut bien, là-haut, déchaîner ses nuages
Pour les précipiter, en des courses sauvages,
Sur un soleil livide et le cerner de mauve.
Le vent peut dévaler de la colline chauve,
C’est une plaine immense, où l’herbe chante.
Un faon aux yeux de lune se balance
Au rythme lent d’un souffle si léger !
Il flotte dans le ciel une ombre errante :
Amour désincarné ? Âme en partance ? …
La plaine vibre, on l’entend respirer.
Je voudrais que s’apaise, en ce jour de lumière,
Le manège un peu fou qui aime à s’emballer
Derrière ton front lisse embrumé de mystère.
Car tes rêves sont vains où tu crois t’en aller.
Viens t’accouder encore au parapet de bois.
Le soleil a jeté tout l’or de ses bijoux
C’est fou, quand on y pense,
De dévorer l’espace,
Si petite fleur
Au bord du ravin !
Si grande douleur
Au clair du matin !
Douce et tranquille en son petit lit bleu,
Il faut la plaindre : elle est malade – un peu –
C’est un rôle important qu’elle aime bien,
Et vous savez, madame, on n’oublie rien :