FANCHON (chanson)
Au long des sentes
Fanchon courait.
Hé ! Trotte, ma belle,
Je vais te manger.
Au fond du bois,
Fanchon s’offrait.
Au long des sentes
Fanchon courait.
Hé ! Trotte, ma belle,
Je vais te manger.
Au fond du bois,
Fanchon s’offrait.
Oui, je hurle à la mort, sauvagement,
Sous les gluants baisers de la nuit mauve !
Oui, je frémis à cet envoûtement !
Et après? Je suis loup! Mon cœur de fauve
Elle aimait le lait frais, et lui le cidre doux.
Il disait « l’homme est sage », elle pensait « l’homme est fou ».
Il est d’usage, c’est connu,
Quand meurt décembre – pauvre gueux –
De fêter l’An nouveau venu
En faisant assaut de « bons vœux ».
Pourquoi permettez-vous, Seigneur, Dieu de merveille,
Tant d’affreuse douleur au fond du cœur humain ?
Voyez ; la nuit s’achève et cependant je veille.
Ma femme va mourir, qui partageait mon pain,
Les larmes qu’on retient, que ne voit pas le jour,
Qui n’iront pas mourir sur nos lèvres blessées,
Cependant que l’hiver, voyant nue la nature,
Givre de fins atours à l’aiguille du pin
Et pare nos sentiers d’une blanche vêture,
Cependant que l’oiseau blotti dans l’aubépin,