LE SOLEIL ET LA LUNE

Ce matin, monsieur Soleil
A fait sonner son réveil.
Il tient à se lever tôt
Parce qu’il veut paraître beau.
Aussi, de plus en plus fort
Il frotte son disque d’or,
Défroisse tous ses rayons
En fredonnant des chansons,
Fait un essai d’éclairage
Derrière un petit nuage.
Parfait ! Dans une seconde
Je vais éblouir le monde,
Lui offrir un festival.
Mon pouvoir est sans égal !
Le ciel s’ouvre, me voici !…
Mais quoi ? La lune est ici ?
Pauvre lumignon simplet
Tu m’as coupé mon effet.
Franchement, tu m’horripiles,
Avec tes étoiles débiles.

« c’est vous, messire Soleil ?
O bel astre sans pareil !
Je ne voudrais pas vous nuire ;

Voyez, je ne fais que luire.
Les étoiles, mes enfants,
Malgré leurs yeux scintillants,
Ne valent pas vos rayons !
D’ailleurs, nous nous en allions,
Le jour nous fatigue un peu.
Messire Soleil, adieu. »

Et la lune se coucha,
Et le grand Soleil régna
Pendant tout le vendredi.
Mais en fin d’après-midi
Il eut comme une faiblesse.
Et soudain cette diablesse
De lune apparut aux cieux,
Et lui dit d’un ton mielleux :
« mon cher, il est vraiment tard
Et vous avez l’air hagard.
Allez donc vous mettre au lit,
Je veille à tout, cette nuit. »
Le soleil fut si vexé
Qu’il devint rouge foncé,
Perdit tout son bel aplomb,
Et se cacha sous l’horizon.

* * *

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